Réaction acido-basiques - Acides et bases de Bronsted


      

   Acides et bases de Bronsted :

Réaction acido-basiques

Nous avons déjà abordé, au chapitre Réactions chimiques non totales, la notion d’acide de Bronsted, sur l’exemple des acides chlorhydrique HCl et éthanoïque CH3COOH notamment. Nous avons également mentionné les propriétés dissociâtes du solvant eau : du fait de son moment dipolaire électrique, l’eau a en effet la capacité de séparer les entités présentant de fortes disparités de charge électrique.
Il en résulte que de très nombreux acides, lorsqu'ils sont mis en présence d’eau vont libérer un proton labile (parfois plusieurs : on parle alors de polyacide). Dans certains cas, cette dissociation sera totale et non inversable, comme par exemple pour le chlorure d’hydrogène gazeux ; l’acide est alors dit fort.
Dans d’autres cas, comme celui de l’acide éthanoïque, la réaction se produit également, mais sans être totale ; l’acide est alors dit faible.
AH = A- + H+

A l’opposé des acides, on appelle base de Bronsted, une espèce chimique  susceptible de capter un ion H+ :
B + H+ = BH+

L’espèce obtenue en retirant un proton labile à un acide est appelée base conjuguée de cet acide. L’ensemble  d’un acide et de sa base conjugué est appelé couple acide-base.
Enfin, si l’on met en présence l’un de l’autre un acide et une base, il peut se produire un échange de proton : l’acide libère un proton labile, qui sera récupéré par la base. Ceci revient à ajouter membres à membres les deux équations des réactions ci-dessus. En simplifiant les H+, on obtient ainsi :

AH + B = A- + BH+

Une telle réaction de transfert de proton est appelée réaction acido-basique. Nous allons à présent nous intéresser quantitativement aux équilibres acido-basiques, en commençant tout d’abord par effectuer un retour sur le solvant le plus courant : l’eau.

Autoprotolyse de l’eau :

Il se trouve que l’eau dispose de propriétés acido-basiques particulières. En effet, elle possède :
-          Un hydrogène labile, qui lui permet de se comporter en acide :

H2O = HO- + H+

-          Un oxygène dont les doublets non liants peuvent accueillir un proton et lui permettre ainsi de se comporter en base :
H2O + H+ = H3O+

Une telle espèce est dite amphotère. Ainsi, si on met en contact :
-          De l’eau et un acide AH, on peut observer l’équilibre :

AH + H2O = A- + H3O+

-de l’eau et une base B, on peut observer l’équilibre :

B + H2O = BH+ + HO-

Mais l’eau étant à la fois base et acide, peut également réagir avec elle-même, à la fois en tant qu’acide et en tant que base, ce qui donne l’équilibre suivant :

2 H2O = H3O+ + OH-

Si l’on exprime la constante d’équilibre de cette réaction, on obtient, comte tenu du fait que l’eau est le solvant :
K = [H3O+ ][ OH- ]

Dans ce cas particulier, la constante de réaction est notée Ke, et elle est appelée produit ionique de l’eau. Cette réaction est très peu favorisée à droite, la détermination de sa valeur mène, à 298 °K, à Ke = 10-14

Echelle de pH :

On peut donc en conclure que même dans l’eau pure, il existe toujours des ions H3O+ et OH-, provenant d’une autodissociation (on parle d’autoprotolyse) de l’eau, faible mais effective. Dans ce cas, l’électro-neutralité de solution impose l’égalité des quantités de matière des ions H3O+ et OH- en solution, donc l’égalité de leurs concentrations.
On a donc alors :
Ke = 10-14 = [H3O+ ]
D’où nous pouvons déduire que [H3O+ ]=10-7 mol.L-1, soit pH égal à 7 pour une solution neutre. Nous comprenons ainsi que la dépendance de l’échelle de pH vis-à-vis de la température est simplement le reflet des relations qui lient température, constante d’équilibre de l’autoprotolyse de l’eau et concentration  H3O+. Notons au passage que les faibles valeurs des concentrations en ions  H3O+  et OH- autorisent à prendre [H3O+ ] et [ OH- ] pour contributions dans l’expression de Ke.

Ainsi, si la température augmente, on favorise la réaction vue plus haut vers la droite. Donc la valeur du quotient de réaction à l’équilibre (c'est-à-dire la constante de réaction) aura une valeur plus élevée, et la neutralité du pH sera fixée à une valeur plus basse.
Prenons par exemple le cas où la température vaut 347 °K (environ 75 °C), le produit ionique de l’eau vaut alors k=10-12. Dans ce cas, on montre comme précédemment que la neutralité du pH se trouve à pH=6. Dans toute la suite, nous considérerons un produit ionique de l’eau égal à 10-14.
Par ailleurs, nous avons vu que la contribution d’une espèce chimique solvatée au quotient de réaction était égale à sa concentration, si celle-ci était inférieur à 1 mol.L-1. Il s’ensuit que l’étude d’un système chimique se complique si les concentrations en jeu sont supérieures à 1 mol.L-1. Ceci est vrai en particulier pour les ions H3O+ et OH-. En termes de pH, cela signifie que l’étude ne reste simple que si (fig.1)
échelle de pH

-[H3O+ ]< 1mol/L, donc pH>0,
-[ OH- ] <1 mol/L , donc [H3O+ ] > 1.10-14 mol/L, donc pH < 14.
En solution aqueuse, on se limitera donc toujours à des pH compris entre 0 et 14.

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